Comment Georges Simenon débute un roman / How Georges Simenon Starts a Novel

Dans un entretien en 1954-1955 Georges Simenon explique comment il construit ses romans.

Georges Simenon explains in an interview how he starts a novel.

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(e)space&fiction s’est déjà intéressé au rôle de l’espace dans la construction romanesque de Georges Simenon. Christophe Tufféry rend compte  dans un billet de la géographie simenonienne. Nous versons au dossier un entretien avec Robert Sadoul diffusé récemment sur France Culture, dans lequel de Georges Simenon expose sa méthode d’écriture. Il en est à l’époque, en 1954 ou 1955, à 154 romans écrits depuis 25 ans, pour se limiter à ceux écrits sous son nom, « les seuls qui comptent ». Il a donc une certaine expérience en la matière.

J‘ai en tête ce que j’appellerais le thème musical ou poétique, c’est à dire la ligne mélodique. Je sais si ce sera un roman avec une programmation dramatique très rapide ou au contraire un roman plus ample, plus nuancé.  Ensuite ce que je dois connaître avant de commencer ce sont mes personnages, les deux-trois personnages principaux. Et enfin, l’ambiance. Je dois savoir si ça se passe l’été ou l’hiver, dans telle ville ou telle ville ou telle village, connaître la maison où cela se passe, connaître les rues où mes personnages vont évoluer, etc. Maintenant, de là, le point de départ du roman est une question en réalité. Étant donnés tel endroit, tel personnage, tel climat, que peut-il arriver qui oblige les personnages à aller au bout d’eux-mêmes. J’ai une théorie qui d’ailleurs n’est pas très originale, je crois que d’autres écrivains l’ont eue. C’est que nous sommes tous des personnages de roman. Nous pourrions tous aller au bout de nous-même. Nous pourrions tous être des héros ou des misérables. Nous avons toutes les potentialités en nous. Seulement pour des raisons d’éducation, de bonnes mœurs, de police, de crainte de tout ce que l’on peut imaginer, nous menons une vie relativement sage et nous allons rarement au bout de nous-mêmes. Eh bien dans un roman, je prends des hommes de tous les jours mais qui, à cause des circonstances, vont au bout d’eux-mêmes. Par conséquent, la question qui se pose à partir du moment où j’ai mes personnages : que va-t-il leur arriver qui les oblige à aller jusqu’au bout. Et ça, c’est le premier chapitre. Il arrive quelque chose qui change tout à coup la vie de ces gens là. […]. Étant donné ce premier chapitre, je le commence, je l’écris et ès lors je vis en quelque sorte la vie de mes personnages au jour le jour et chaque jour j’écris un chapitre nouveau, sans jamais savoir quel sera le chapitre du lendemain.[…] Si je connaissais la fin du roman, je ne l’écrirais pas.

On notera qu’au début de l’interview Simenon apparaît assez détaché des lieux de ses romans, ne se rappelant plus bien lequel se passait sur la Côte d’Azur et ayant en tête un roman se passant en Amérique alors qu’il vient s’y installer.

Source : Confidences de G. Simenon recueillies par R. Sadoul, diffusée la première fois sur Nice-Côte d’Azur le 19 juin 1955. Le podcast est sur France Culture  et la citation ci-dessous commence à la 4èmeminute.

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