Miniaturiste de Jessie Burton : la miniature comme représentation du monde de l’intime / The Miniaturist of Jessie Burton : the miniature as a representation of the world of intimate

The Miniaturist : page de la couverture de l’édition en langue anglaise (© Picador, 2014)

Miniaturiste est un roman historique de Jessie Burton. L’action se déroule à Amsterdam au XVIIème siècle dans la maison d’un riche marchand qui a offert à sa jeune épouse une maison de poupée. Cette maison va se remplir peu à peu de personnages et d’objets expédiés par un étrange inconnu.

The Miniaturist is a historical novel by Jessie Burton. The action takes place in Amsterdam in the seventeenth century in the house of a rich merchant who offered his young wife a doll house. This house is going to fill little by little with characters and objects sent by an unknown stranger.

Français English Reference

Français

En 1686, une jeune-fille pauvre de 18 ans, Petronella Oortman, épouse Johannes Brandt, un commerçant fortuné d’Amsterdam. Elle s’installe dans sa maison située dans un quartier chic de la ville. Cette maison semble remplie de secrets que connaissent son époux, Marin, la sœur de celui-ci et Cornelia et Otto, deux des serviteurs. En guise de cadeau de mariage, son mari lui offre une maison de poupée, réplique de leur propre maison.

Maison de poupée de Petronella Oortman (Rijksmuseum à Amsterdam)

Pour remplir cette maison, Nella reçoit étrangement des personnages et des meubles d’un troublant réalisme, de la part d’un ou d’une étrange miniaturiste, donnant son nom au roman. Peu à peu, la jeune femme perçoit que ce monde en miniature annonce les dangers qui guettent les personnages. Ce qui arrive dans ce modèle réduit semble indiquer que le destin de cette maison, ce qui se déroule dans l’espace de l’intime est dans les mains d’un mystérieux étranger, qui tient entre ses mains les fils de la vie et le destin de ses habitants.

Maison de poupée de Petronella Ortman par Jacob Appel (1710) (Rijksmuseum, Amsterdam)

La maison de poupée de Petronella Oortman qui a inspiré l’auteur pour ce roman, est celle qui se trouve au Rijksmuseum à Amsterdam. Contrairement au roman, Petronella Oortman a construit elle-même sa maison de poupée qu’elle a aménagée entre 1686 et 1710. A l’époque, ce type de représentation du monde est en vogue dans les milieux aisés de la cité hollandaise, il en est l’un des symboles du statut social de leur propriétaire. Ce type de représentation du monde de l’intime est une autre version des cabinets de curiosités également à la mode entre la fin du XVIIème siècle et le XVIIIème siècle. On retrouve d’ailleurs un de ces cabinets dans la petite salle de réception située en bas à droite de la maison de poupée de Petronella Oortman. Cette maison de poupée apparaît dans le tableau de Jacob Appel (1680–1751), un peintre néerlandais dont l’oeuvre est également au Rijksmuseum.

La couverture de l’édition pour la Grande-Bretagne du roman a été réalisée par Line L. Andersen du studio Andersen. Comme l’indique l’auteure sur son site, une maison de poupée a été entièrement créée pour le besoin par le studio Andersen. Dans ce modèle, une carte du XVIIème siècle a été accrochée au mur de l’une des pièces de la maison.

Comme l’indique l’auteur lui-même sur son site « Il existe de nombreuses références à des cartes dans ce livre (sans surprise étant donné qu’Amsterdam était le principal centre commercial du monde à l’époque où se déroule l’histoire du livre) »

« Elle contemple la carte (…). Elle remarque la Nouvelle-Hollande; des palmiers ornent ses côtés au bord d’une mer turquoise et des visages d’ébène attirent l’attention » (p.48).

Détail de la maison de poupée réalisée par le studio Andersen pour la couverture de l’édition en langue anglaise

« Et voici une carte de l’Afrique, immense, et en si grande part encore inconnue ! Entouré de rouge, au milieu de la côte occidentale, un lieu appelé Porto-Novo. La jolie écriture de Marin pose des questions tout autour : Climat ? Nourriture ? Dieu ? Il y a aussi une carte des Indes, avec beaucoup plus de cercles et de flèches pour indiquer où chaque élément de la flore et de la faune dans cette chambre a été découvert. Moluques 1676, Battavia 1679, Java 1682 – des voyages que Marin n’a sûrement pas effectués elle-même » (p.76).

« Il y a des cartes partout, bien plus nombreuse que celles que possède Marin. Nella suit le contour de la Virginie et du reste des Amériques, de la Mare Pacificum, des Moluques, du Japon. Sur chaque carte, de fines lignes partent dans toutes les directions, s’entrecroisent, créent des sortes de diamants taillés sur les pays et les océans. Ce sont des cartes de précision, pas des cartes de légendes rêvées » (p.140).

Toujours à propos de la maison de poupée réalisée par le studio Andersen pour la photo de la couverture de l’édition anglaise, Jessie Burton ajoute sur son site internet que « le miniaturiste a fait une petite version de l’une et l’a placée dans un cadre doré. Tout comme dans l’histoire« . En zoomant sur l’image de la couverture du livre, on peut retrouver cette carte au mur de la pièce située en haut à gauche de la maison de poupée.

On peut rapprocher cette mise en scène des cartes sur le mur de cette maison de la mise en scène des cartes dans plusieurs de ses tableaux de Johannes Vermeer à la même époque.

Détail de la maison de poupée sur la couverture de l’édition en langue anglaise

Que ce soit dans les tableaux de Vermeer ou dans la maison de poupée réalisée pour la couverture du roman de Jessie Burton, les cartes accrochées aux murs sont comme des trophées, des signes extérieurs de richesse qui disent la puissance maritime et marchande que constituaient les Pays-Bas au XVIIème siècle. Et pourtant, les intérieurs des tableaux de Vermeer et les maisons de poupée ont en commun de ne pas être des objets visibles du dehors, ils ne sont pas destinés à être vus depuis l’extérieur. Ils s’adressent aux espaces de l’intérieur, de l’intime.

Le livre a reçu de nombreux prix et la BBC a fait réaliser au printemps 2017 une adaptation pour la télévision en 3 épisodes dont la diffusion est annoncée pour l’automne 2017.

English

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Reference/Référence

  • Work Title/Titre de l’œuvre : The miniaturist (Miniaturiste pour l’édition française)
  • Author/Auteur : Jessie Burton
  • Year/Année : 2014 (2015 pour l’édition française)
  • Field/Domaine : Littérature
  • Type : Roman
  • Edition/Production : Picador ( Gallimard, coll. « Du monde entier », pour l’édition française)
  • Language/Langue : English, Français
  • Geographical location/localisation géographique : Amsterdam
  • Remarks/Notes:
    • Machinery/Dispositif : Maison de poupée miniature
    • Location in work/localisation dans l’œuvre :
    • Geographical location/localisation géographique :
    • Remarks/Notes :
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  1. Pingback: Les cartes dans la peinture de Vermeer / Maps in Vermeer’s paintings | (e)space & fiction

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