The Wall d’Alan Parker : les murs de l’enfermement mental et les fantasmes d’un ordre établi/ the Walls of Mental Confinement and the Fantasies of an Established Order

afficheThe Wall est un film d’Alan Parker sorti en 1982 Il est basé sur l’histoire de l’album The Wall, l’un des plus grands succès des Pink Floyd, qui date de 1979. Le film et l’album évoquent, entre autres, l’enfermement mental du chanteur d’un groupe à succès, Pink, incarné par le chanteur Bob Geldof, et de ses fantasmes d’un ordre établi de type paramilitaire.

The Wall is a film by Alan Parker released in 1982. It is based on the story of the 1979 album The Wall, one of the greatest hits of Pink Floyd (eased in 1979. The film and album evoke, among others, the mental imprisonment of the singer of a successful band, Pink, incarnated by the singer Bob Geldof, and his fascination for a kind of paramilitary established order.

Français English Reference

Français

image1Dans le film, la maladie mentale du chanteur est liée à l’enfance et l’adolescence douloureuses de Pink, qui n’a pas connu son père, mort pendant la seconde guerre mondiale.D’abord seul avec sa mère surprotectrice, puis aux prises avec le monde violent d’un système scolaire normatif, Pink s’enferme peu à peu dans une sorte de schizophrénie, qui le voit édifier entre lui et le monde un mur qui prend divers aspects : métaphore d’un mur de briques qui donne son titre au film, murs du collège entre lesquels les élèves sont contraints de circuler sans réfléchir, barrières de la maladie mentale qui ne cesse de progresser tout au long du film.

image3Une scène cherche à illustrer l’espace confiné dans lequel le personne de Pink s’enferme de plus en plus en raison de sa maladie mentale. Alors qu’il doit monter sur scène pour un concert, Pink est seul dans sa chambre d’hôtel. Il a rangé au sol, selon un plan méthodique, un ensemble d’objets  : cendres, mégots, cigarettes et paquets vides, bouteilles vides, avions de guerre miniatures, disques brisés, éléments démontés de ses guitares, médicaments, etc.

image4Ces objets dessinent des murs et des allées, représentant des chemins obligatoires à emprunter, symbolisant les contraintes imposées par les diverses institutions tout au long de la vie, des voies toutes tracées entre lesquelles les individus ont une liberté d’action et de pensée très limitée, voire inexistante.

image5Comme le montre le schéma que nous en proposons ci-contre, cet alignement, presque parfaitement symétrique représente un espace ordonné, sorte de traduction matérielle d’un ordre en train de se mettre en place dans l’esprit du chanteur. Au milieu de cet agencement, dans cette projection matérielle d’un ordre idéel fantasmé, la télévision, c’est-à-dire la mise en scène et en images, tient une place centrale.

image6image10image9Plusieurs scènes du film montrent la façon dont, dès leur enfance, les individus sont rangés, conditionnés, mis en ordre de marche par les diverses institutions : école, université, armée, organisations professionnelles, etc. Dans une scène en particulier, des élèves avancent machinalement, le regard vide, vers ce qui ressemble à une immense machine à broyer, dont ils ressortent sous la forme de viande hachée.Dans une autre scène, un plan permet de montrer comment les individus sont parqués, mis entre des murs dans leurs vies professionnelles.

image12image13Le désir d’organisation spatiale de l’espace mental du chanteur trouve progressivement une traduction dans l’ordre politico-militaire qu’il va élaborer peu à peu : démonstrations de meetings de masse visant à impressionner, dignes de ceux de Nuremberg, défilés de milices noires, copies à peine masquées des sections paramilitaires nazies, discours prônant un ordre moral, lutte contre tout ce qui incarne le désordre.

Les troupes paramilitaires défilent en criant des slogans hostiles à ceux qui ne respectent pas l’ordre que leur leader cherche à imposer. Puis ces défilés de milices paramilitaires sont mises en scène par une séquence d’animation où on voit des marteaux, tous parfaitement identiques, marcher au pas et qui incarnent ici le respect de l’ordre établi.Les deux marteaux croisés servent d’ailleurs de symbole à ce régime fascisant comme le montre cette image du film où le symbole apparaît sur l’étendard qui flotte en tête des troupes défilant.image11

Référence

  • Titre de l’œuvre : The Wall
  • Auteurs : Alan Parker, Gerald Scarfe
  • Scénario : Roger Waters
  • Année : 1982
  • Domaine : Musique et Cinéma
  • Type : Drame musical
  • Production : Alan Marshall
  • Langue : Anglais, français
  • Localisation géographique :
  • Notes:
    • Dispositif : plan d’objets divers au sol dans la chambre du chanteur Pink
    • Localisation dans l’oeuvre :
    • Localisation géographique :
    • Notes :
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