L’après-midi où les Cités Obscures se sont mises à exister / The afternoon when « Cities of Fantastic » came to life

BnFPeetersSchuiten1The meeting with Benoît Peeters and François Schuiten, that we announced here, was held on Thursday, April 11, 2013 from 14h to 20h in the small auditorium of the BnF. A beautiful afternoon with the creators of The cities of Fantastic.

Les rencontres avec Benoît Peeters et François Schuiten, que nous avons annoncées ici, ont eu lieu le jeudi 11 avril 2013 de 14h à 20h au petit auditorium de la BnF. Un bel après-midi avec les auteurs des Cités Obscures.

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Les rencontres se sont déroulées en deux temps:

  • des communications et débats avec plusieurs intervenants puis les auteurs sur le thème « Du numérique au papier : allers/retours » en partant de l’exemple des Cités obscures
  • un récit en images et en musique par Benoît Peeters et François Schuiten accompagnés par le musicien Bruno Letort qui a réalisé avec les auteurs belges un spectacle multimédia L’Affaire Désombres

La liste des communications a été légèrement modifiée par rapport à celle annoncée. Une courte introduction fur assurée par Benoît Mouchard, ancien directeur artistique du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême de 2003 à 2013 et actuellement directeur éditorial de Casterman. Puis, la brillante intervention de Thierry Groensteen et Jean-Pierre Mercier, conseillers scientifiques à la Cité internationale de la bande dessinée, ont rappelé l’histoire des Cités obscures, dont on fête cette année les 30 ans. Après avoir commencé séparément leur carrière professionnelle dans la BD dans Pilote et Métal Hurlant à la fin des années 70, Benoît Peeters et François Schuiten ont publié en 1983 la première histoire des Cités, Les murailles de Samaris, dans la revue de BD comme A suivre. Puis Olivier Piffault, conservateur à la BnF, a présenté plusieurs des planches originales du don qui a été fait récemment par Schuiten et Peeters à la BnF d’une grande partie de leurs archives. Le philosophe Tristan Garcia, dans une très brillante communication, a tenté de montrer comment il est possible de « Passer d’un monde à l’autre » entre l’univers des Cités obscures et notre monde. Ce philosophe, rattaché au courant du réalisme spéculatif, a admirablement évoqué les formes dans le monde de Peeters et Schuiten, faisant référence à une approche de la métaphysique des choses de notre monde, qu’il a largement développée dans son essai « Forme et objet. Un Traité des choses » paru en 2011.

Puis un entretien croisé, animé par Thierry Grillet, autour de la question de la planche originale a permis aux auteurs de la bande dessinée de défendre leur vision de l’original et de sa valeur comme objet mais aussi comme fruit d’une création collective, non seulement des deux auteurs mais aussi des autres intervenants, coloristes, éditeurs, etc. qu’il convient de toujours resituer dans le contexte de sa création.

Pierre-Marc de Biasi, plasticien, écrivain, critique littéraire, directeur de l’Institut des Textes et Manuscrits Modernes, a évoqué la génétique des textes et tenté de montrer ce que pourrait être une approche génétique de l’œuvre de Peeters et Schuiten, à la lumière des archives et documents de genèse de l’œuvre des auteurs des Cités obscures.

Enfin, le philosophe Régis Debray, a clos ces rencontres en évoquant les liens entre matériel et immatériel et leurs corollaires religieux et symbolique. Pour Debray, là où le livre se fait chair, le symbolique disparaît au profit d’objets investis d’un pouvoir de représentation. En revanche, là où l’immatériel prend le dessus, y compris dans la dématérialisation des livres, le pouvoir symbolique des choses s’en trouve renforcé. Le mouvement engagé de numérisation massive des livres, notamment à la BnF, ne doit donc pas être considéré comme la fin du livre. Bien au BnFPeetersSchuiten2contraire, la numérisation peut être vue comme le début d’une sorte de renaissance de l’objet livre et de son pouvoir symbolique et sacré. Cette numérisation et sa diffusion quasi instantanée représente une opportunité pour le livre de se défaire des tentations obscurantistes ou de son pouvoir religieux qui viserait à imposer une parole unique. Pour Régis Debray, cette co-existence, sans fusion, du livre papier et du livre numérique, que l’on peut lire comme la co-existence pacifiée du religieux et du sacré, est un des enjeux majeurs pour l’avenir du livre.

Au cours des débats il a été beaucoup fait mention des archives, de leurs origines, de leur valeur patrimoniale, symbolique, affective, des conditions de leur sauvegarde et de leur diffusion sous forme numérique et dématérialisée. Comment alors ne pas penser à cette planche de Peeters et Schuiten utilisée en couverture de « L’Archiviste« , qui fait partie de la série des Cités obscures.

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En fin d’après-midi, Benoît Peeters et René Schuiten se sont livrés à un récit à deux voix sur l’origine et l’histoire des Cités obscures, illustré de planches extraites de leur œuvre, et accompagné par le musicien Bruno Letort. Les spectateurs ont été plongés pendant 1h30, dans l’univers des Cités obscures en ayant du mal à croire qu’il ne s’agissait que d’une fiction. En sortant de ce spectacle et de cet univers, il était difficile pendant quelques instants, de croire que le monde de Peeters et Schuiten n’était qu’un monde de fiction sorti de leur seule imagination.

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Pendant une après-midi, les Cités obscures ont existé. En sortant du petit auditorium de la BnF, il était d’ailleurs difficile de regarder les tours de laTrès Grande Bibliothèque François Mitterrand sans trouver une ressemblance avec certaines planches de Peeters et Schuiten. Ces rencontres ont permis de faire un « voyage en utopie », mais le monde des Cités obscures n’est peut-être pas si utopique qu’il y paraît…

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