The Good, the Bad, and the Weird / Le bon, la brute, et le cinglé – Ji-woonKim

The Good, the Bad and the Weird (dir. Ji-woon Kim, 2008) is a remake of Sergio Leone’s masterpiece The Good, The Bad, and the Ugly (1966).  Beyond the fact that both versions unfold in different locations and at different times (1860s American civil war and 1930s Mandchuria), the presence of maps in both versions leads to question in more general terms the relationships between westerns and maps.

Dans Le bon, la brute et le cinglé, le réalisateur sud coréen Ji-woon Kim (2008) revisite le chef d’oeuvre de Sergio Leone Le bon, la brute et le truand (1966). Au delà du fait que ces deux versions se situent à deux époques et à deux endroits différents (Les États-Unis de la guerre civile des années 1860 et la Manchourie des années 1930), la présence de cartes dans les deux versions nous amène à nous interroger d’une manière plus générale sur les relations cartes/westerns.

English Français Reference

English

Still frame #1 of an animated version of the map

In The Good, the Bad and the Weird, just like in the original version of Sergio Leone, the film ends by an intense duel scene (with three characters). The rule is rather simple: the one who survives get the loot! In Sergio Leone’s version, Sentenza is killed, Tuco is saved in extremis by Blondin who ends up with the gold. In Ji-woon Kim’s version, the three protagonists all end up dead without being able to grab the mysterious treasure that turns out to be oil. In both versions, the narrative is structured to make sure that the three heroes arrive to the final scene. Where the two versions differ substantially, is in the role played by the map to bring all these characters to this ultimate duel.

In the original version, the final scene takes place in a cemetery. To reach the buried treasure, Tuco and Blondin have each a piece of information: Blondin knows the name of the grave where the treasure is buried, while Tuco knows the name of the cemetery (Sentenza knows that too, since he get this information by torturing Tuco). Tuco and Blondin also relied on a map to get to the cemetery. In The Good, the Bad and the Weird, the map plays a substantially larger role. Indeed, the location of the treasure (which is where the three characters will kill each other at the end) is marked on a map. The screenplay is structured around multiple fights between rival groups trying to get the map. In the Good, the Bad and the Weird, the map is therefore extremely convenient as a shortcut narrative bringing the three main characters to the final scene.

Beyond this narrative function, these two maps lead us to wonder about possible relationships between maps and westerns. According to Tom Conley (2007) westerns (just like war movies and road movies) have many affinities with mapping because of their geographical representation of the landscape (p.8) as well as because both serve to claim new lands (p. 209). Beyond these similarities, we can argue that western and maps are complementary in their relationships to places. While Westerns often represent large open spaces (thus spaces open for settlers and colonization), maps serve to define, structure, and organize, this space in order to make it available for settlers. The cowboy first marks the territory by its presence, then the map formalizes this presence with borders and boundaries (e.g. property lines or Indian reservation). The presence of the map in the Western can serve as a way to locate things (e.g, location of the cemetery in the Good, the Bad and the Ugly), and as a simple and efficient narrative process (e.g. the Good, the Bad and the Weird). But overall westerns and maps contribute to the relentless process of spatial appropriation and spoliation. In this sense, mapping and western appear to be complementary modes of territorial production.

Français

Dans Le bon, la brute et le cinglé tout comme dans la version originale de Sergio Leone, le film se termine en apothéose par une scène de duel à trois (ou « truel »). La règle du truel est simple : celui qui n’est pas mort part avec le butin! Dans la version de Sergio Leone, Sentenza est tué, Tuco est sauvé in-extremis d’une mort pathétique par Blondin qui sort grand vainqueur de ce face-à-face-à-face. Dans la version de Ji-woon Kim, les trois protagonistes finissent tous raides morts sans avoir pu s’accaparer le mystérieux trésor qui s’avère être du pétrole. Dans les deux versions, le récit est structuré de manière à ce que les trois héros arrivent en bon état jusqu’à cette scène finale. Là où les deux versions différent sensiblement, c’est au niveau du rôle joué par la carte pour amener tout ce beau monde à cet ultime « truel ».

Dans la version originale, la scène finale se déroule dans un cimetière. Pour arriver jusqu’au trésor qui y est enterré, Tuco et Blondin possèdent chacun un bout d’information : Blondin connaît le nom de la tombe où le trésor est enfoui, alors que Tuco connaît le nom du cimetière (tout comme Sentenza qui a obtenu cette information en torturant Tuco). Mais Tuco et Blondin parviennent jusqu’au cimetière grâce aussi à une carte que possède Tuco. Dans Le bon, la brute et le cinglé, la carte joue un rôle sensiblement plus important. En effet, le lieu où se trouve le trésor (et où se retrouveront les trois héros à la fin du film pour la scène de truel) est marqué sur une carte. Le scénario du film est donc organisé autour des multiples bataillent que se livrent des groupes rivaux pour mettre la main sur cette carte. Dans le bon, la brute et le cinglé, la carte sert donc de raccourci narratif extrêmement pratique pour amener les trois personnages principaux à la scène finale et au trésor.

Still frame #2: Everybody is going to meet for the final scene/duel

Au-delà de cette fonction narrative, ces deux cartes nous conduisent à nous interroger sur les relations pouvant exister entre cartes et westerns. D’après Tom Conley (2007) le western (au même titre que le film de guerre ou le « road movie ») possède de nombreuses affinités avec la cartographie puisqu’il représentent le paysage de manière géographique (p.8) et que tous les deux sont associés à des revendications territoriales (p. 209). Au-delà de ces affinités, on peut penser que westerns et cartes occupent des fonctions complémentaires dans leurs relations à l’espace. Alors que le western représente souvent l’espace à perte de vue caractérisant un espace largement inoccupé (donc ouvert à l’arrivée des colons), la carte vient plutôt délimiter, finir, structurer, organiser, cet espace avant de l’attribuer ultimement aux colons. Le cowboy commence par marquer le territoire de sa présence avant que la carte ne vienne ensuite formaliser cette présence par des frontières, et des limites (ex. limites de propriétés ou de réserves indiennes). La présence de la carte dans le western peut donc servir d’outil de localisation (ex. la localisation du cimetière dans le bon, la brute et le truand), ou de procédé narratif simple et efficace (ex. le bon, la brute et le cinglé), mais c’est peut-être au niveau de la complémentarité de leurs relations à l’espace que westerns et cartes devraient être abordées. Le western tout comme la carte participe en effet d’un processus d’appropriation et de spoliation spatiale implacable. En ce sens, cartographie et western apparaissent bien comme des modes complémentaires de production territoriale.

Reference/Référence

  • Work Title/Titre de l’oeuvre: Le bon, la brute et le cinglé / The Good, The Bad, and the Weird
  • Author/Auteur : Ji-woon Kim
  • Year/Année : 2008
  • Field/Domaine : Cinéma / Cinema
  • Type : Western
  • Edition/Production :
  • Language/Langue : South-Korean / sud-corée
  • Geographical location/localisation géographique : China
  • Remarks/Notes: Manchuria
    • Machinery/Dispositif : Carte au trésor / Treasure map
    • Location in work/localisation dans l’œuvre : Tout au long du film / Through the entire movie
    • Geographical location/localisation géographique :
    • Remarks/Notes :

3 réflexions sur “The Good, the Bad, and the Weird / Le bon, la brute, et le cinglé – Ji-woonKim

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