« La géocritique » – Bertrand Westphal

In his geocriticism (‘géocritique’) approach, Bertrand Westphal (2007) attempts to reconnect the mimetic arts such as literature, cinema and painting to the real world through the spaces they represent. To do so, Westphal proposes a set of conceptual tools relevant to understanding how human spaces structure themselves ‘by and in the text, by and in the image’, as well as through the cultural interactions that are created during the process.

Avec son approche géocritique, Bertrand Westphal vise à reconnecter au monde réel les arts mimétiques que sont la littérature, le cinéma et la peinture à travers les espaces qu’ils représentent. Westphal propose à cette fin un outillage conceptuel apte à saisir comment les espaces humains s’agencent « par et dans le texte, par et dans l’image» ainsi que les interactions culturelles qui se nouent à cette occasion.


English Français Reference

English
Westphal’s approach is geocentred. It positions places – rather than the work of art or the author – at the centre of the analysis, by interrelating different representations of the same place. It is interdisciplinary in its objectives as well as in its methods. It combines different tools of analysis taking into account the representations of a specific place through different media (literature or cinema) and different genres (novels or travelogues). The plurality of these representations leads geocritique to describe the multi-sensory nature of space, made up of colors, textures, sounds, smells and material objects. It needs to access to what Westphal calls the ‘polycronie’ of space, the fact that it is the result of the stratification of natural phenomenon of age, periodicity, and of different temporal speeds. Literary and artistic representations must then be included in the world, in an ‘expanded reality’, by denying the principle of a distinction a priori between the real and the representational. Therefore, geocritique is integrated with the postmodern approach that acknowledges the contemporary dissolution of the notion of reality, considered as material, unique, determined and common at all. By doing so, Westphal traces a parallel between the ‘de-realization’ and the explosion of the contemporary city, and the deconstruction of the contemporary narrative, previously pointed out by Soja (1996).

Excerpt from Joliveau, Thierry, « Connecting Real and Imaginary Places through Geospatial Technologies: Examples from Set-jetting and Art-oriented Tourism », The Cartographic Journal, Volume 46, Number 1, February 2009 , pp. 36-45(10).

Français
L’approche proposée par Westphal se veut géocentrée. Elle replace au centre de l’analyse les lieux plutôt que les œuvres ou les auteurs, en mettant en relations différentes représentations d’un même lieu. Elle se veut interdisciplinaire, dans son objet comme dans ses méthodes. Prenant en compte les représentations d’un endroit à travers différents médias (littérature ou cinéma) et différents genres (roman ou récit de voyage), la méthode géocritique combine plusieurs outils d’analyse. La nature plurielle de ces représentations conduit aussi la géocritique à rendre compte de la polysensorialité de l’espace, fait de couleurs, de textures, de sons, d’odeurs et de matières. Il lui faut accéder à ce que Westphal appelle la polycronie de l’espace, le fait que ce dernier est le résultat d’une stratification de phénomènes naturels d’âge, de périodicité et de vitesses temporelles différentes. Les représentations littéraires et artistiques doivent donc être incluses dans le monde, dans un « réel élargi », en refusant le principe d’une distinction a priori entre le réel et la représentation. En cela, la géocritique s’insère dans le contexte de la posture postmoderne qui prend acte de la dissolution contemporaine de la notion de réalité, considérée comme matérielle, unique, déterminée et commune à tous. Westphal trace ainsi un parallèle entre la déréalisation et l’éclatement de la ville contemporaine et la déstructuration du récit contemporain, qu’avait déjà pointé Soja (1996).

Extrait de : Joliveau, Thierry, « Connecting Real and Imaginary Places through Geospatial Technologies: Examples from Set-jetting and Art-oriented Tourism », The Cartographic Journal, Volume 46, Number 1, February 2009, pp. 36-45(10).

Reference/Référence

  • Soja E. W. (1996). Thirdspace : journeys to Los Angeles and other real-and-imagined places. Malden (Mass.) ; Oxford, Blackwell. 334 p.
  • Westphal, B. (2007). La géocritique. Réel, fiction, espace. Les Editions de Minuit; Paris. 278 p.

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